mardi , 6 décembre 2022

AMES SŒURS [Partie 3]

Temps de lecture : 4 minutes

Mis à jour le 12 novembre 2022 à 17h50

Rien n’est jamais ni trop beau ni trop parfait sous ce ciel et malheureusement, ma relation avec Freda ne pouvait sûrement pas échapper à cette règle. Tout allait si bien que parfois j’avais cru rêver. Cet amour que je me suis convaincu d’avoir pour elle allait être rudement mis à l’épreuve. 

J’avais décidé de passer un week-end en famille sur une des îles les plus paradisiaques dans le sud du pays. Pour éviter que Freda s’ennuie ou n’aie le temps de laisser la jalousie s’emparer d’elle, je m’assurai qu’elle se rende à Punta Cana pour le week-end. Claire, les enfants et moi sommes partis pour l’île-à-vache un vendredi matin sous un ciel clair et ensoleillé. Nous nous sommes amusés comme des fous pendant la traversée, un moment de détente familiale inoubliable.  

Après nous être installés dans nos chambres respectives, en arrivant à l’hôtel qui avait mis à notre disposition un guide touristique, nous avions mis le cap sur la plage. 

Le sable chaud et fin rayonnait sous le soleil, le bleu du ciel reflétait dans la mer et nous avions comme seul bruit celui des vagues et des oiseaux. Le décor était digne d’un conte de fée et appelait à la relaxation. Le visage des enfants était radieux et Claire avait un sourire qui n’était pas prêt de s’effacer.  

Je me prélassais sous le soleil quand soudain j’ai remarqué non pas sans surprise, Freda vêtu d’un maillot de bain deux pièces. Jamais, je ne l’avais vu aussi sexy, mais je n’étais pas en position de la contempler parce que j’allais avoir un deuxième choc en voyant Sam porter le sac de plage que j’avais offert àFreda pour son voyage. Mon cœur avait failli s’arrêter. Pourquoi me faisait-elle ça ? Elle savait pertinemment où je me trouvais. Elle savait que je ne voulais pas que ma femme soit au courant pour nous. Et pourquoi était-elle avec Sam ? Est-ce qu’elle m’avait menti pendant tout ce temps ou est-ce qu’elle l’utilisait pour me rendre jaloux ? Peut-être que c’était moi qu’elle utilisait dès le début. 

Elle était venue exprès nous saluer et faire connaissance sous prétexte qu’il nous fallait sympathiser parce que nous étions  les seules personnes sur la plage. Elle nous avait présenté Sam en tant que son fiancé. Dieu seul sait combien j’ai lutté contre moi-même pour ne rien laisser transparaître. Je ne sais pas par quel miracle Claire n’avait pas remarqué que je bouillais de l’intérieur en les regardant. Freda avait tout compris à tel point qu’elle me jetait un petit sourire sournois de temps en temps. J’avais hâte de trouver un moment pour lui parler seul à seul, entre temps je devais savoir où elle logeait. 

Gisèle, mon aînée, appréciait déjà Freda. Elles jouaient ensemble aux sirènes. J’ai donc appris par cette dernière qu’ils logeaient à notre hôtel. Coïncidence ou planification ? Je n’allais pas tarder à le savoir. 

L’après-midi était réservé aux activités que l’hôtel nous proposait pour les enfants. Et la soirée pour le bal animé par le groupe fétiche de Freda. Nous nous sommes à nouveau croisés au bal. Nous avions pris la même table et au cours de la soirée, je l’ai, avec la permission de Sam et Claire, invité à danser, l’occasion parfaite pour savoir ce qu’elle manigançait. 

Nous avions eu une longue discussion mais je n’ai pas pu lui faire parler de la raison de sa présence sur l’île. Elle m’avait assuré qu’elle n’était pas en couple avec Sam et qu’elle ne pouvait rien me dire pour l’instant. Je n’avais nul autre choix que de reporter la conversation à quand elle le voudrait. J’avais passé toute la journée à la haïr, en la tenant dans mes bras sur la piste de danse, j’avais voulu l’embrasser et l’entraîner sur la plage pour lui faire l’amour toute la nuit avec pour seuls témoins les étoiles, le sable et la mer. 

Le week-end s’était déroulé sans plus d’encombres. Mes filles adoraient Freda et ma femme ne jurait que par elle. En revenant à la capitale, le travail m’avait absorbé et j’avais passé toute une semaine sans avoir le temps de la rencontrer. Le week-end suivant celui de notre escapade sur l’île, Claire avait fait un malaise et on avait dû l’hospitaliser. Le médecin m’avait appris que malheureusement elle était à la phase terminale d’un cancer du sein et qu’elle ne voulait pas m’en parler. Je n’arrivais pas à y croire. J’étais tellement absorbé par ma maîtresse et mon travail que je n’avais même pas une fois remarqué tous les changements qui s’étaient effectués chez elle. Elle n’avait pas voulu suivre de chimiothérapie. Elle avait choisi de crever à petit feu. 

Au cours de la semaine d’hospitalisation de Claire, j’étais au four et au moulin. Il me fallait gérer les enfants, la maison, mon travail. Freda avait appris la nouvelle je ne sais par quel moyen et avait voulu m’aider avec les enfants. Je ne pouvais pas accepter son aide car je n’aurais pas su expliquer à Claire comment j’avais pu laisser une femme que je connaissais à peine prendre soin de ses enfants en son absence. 

Au douzième jour d’hospitalisation, j’étais au bureau quand j’ai reçu un appel de l’hôpital me disant que ma femme me demandait en urgence. En arrivant dans sa chambre j’avais eu le choc de ma vie en trouvant Freda à son chevet. 

Claire ne pouvait presque plus parler, elle semblait plus proche de la mort que du rétablissement. Elle avait ramassé ses dernières forces pour me raconter comment elle connaissait Freda…

À propos de Justine Isaac

Je suis une Cayenne passionnée de l'écriture et de la lecture.

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