mardi , 25 juin 2024

Tomber amoureux

Temps de lecture : 2 minutes

Mis à jour le 25 mai 2023 à 11h29

Le téléphone avait sonné une énième fois durant la matinée. Charline s’y précipita une énième fois et espéra, une fois encore que c’était Ricardo. Cela faisait deux jours qu’elle lui avait remis le chèque et elle croyait qu’il sauterait sur l’occasion. Mais depuis deux jours, il n’avait rien dit, rien fait. Faut croire qu’en deux semaines, il avait eu le temps de passer à autre chose. Déçue, Charline répondit à sa cliente, mettant Ricardo dans un coin de sa tête.

On était samedi mais Charline assurait à ses clients une disponibilité de 24 heures et faisait toujours en sorte de répondre à leurs appels. Ce samedi, elle avait prévu de se reposer un peu après une semaine chargée. Elle avait donc fait la grasse matinée tout en laissant son téléphone allumé. En se réveillant, elle avait fait un peu de ménage et s’apprêtait maintenant à regarder quelques épisodes de sa série préférée en attendant le classico qui aurait lieu dans l’après-midi qu’elle ne raterait pas. Charline était pieds nus dans son salon, les cheveux en bataille, un verre de lait à la main quand on sonna chez elle. Elle était surprise car elle n’attendait aucune visite. Serait-ce sa mère qui débarquait à l’improviste? Elle adorait faire ce genre de choses même si cela faisait longtemps qu’elle ne lui avait pas rendu visite. Perplexe, Charline ouvrit la porte et fut surprise d’y voir Ricardo.

-Ricardo, qu’est-ce que vous faites là et comment vous avez-eu mon adresse?
-Je suis plein de ressources Charline.
-Que faites-vous là,les bras chargés?
-Il y a le clasico aujourd’hui.
-Oui et alors?
-Je me disais que je pourrais le regarder chez vous.
-Sans même me demander mon avis?
-Disons que ce serait mon prix pour le pari.
-Ah encore ce pari.
-Charline, écoutez, si vous avez autre chose de prévu, je peux toujours partir, répondit Ricardo en hésitant. Je ne veux pas m’imposer, je…
-Arrêtez de vous excuser. Je serais ravie d’être avec vous quand le Barça mettra une raclée au Real.
-Voyez-vous ça, je suis plutôt sûr du contraire.
-On verra. Mais pourquoi êtes-vous si chargé?
-Je nous ai apporté le diner et de quoi faire du pop corn aussi.
-C’est gentil à vous mais j’aurais pu nous préparer quelque chose.
-Vous cuisinez?
-Bien sûr. Je le fais de moins en moins ces temps-ci mais je suis assez douée.
-Qui est frimeur maintenant?
-C’est la vérité, c’est tout.
-J’aimerais bien vérifier par moi-même une prochaine fois.
-Parce que vous êtes sûr qu’il y aura une prochaine fois?
-Sûr? Non mais je l’espère. Est-ce que j’ai tort d’espérer Charline, dit Ricardo en la regardant droit dans les yeux.
-Non, vous n’avez pas tort d’espérer, dit Charline en détournant timidement les yeux.
-Je suis content de vous voir chez vous dans votre élément.
-Vous m’avez surprise.
-C’est ce que vous m’avez ordonné.
-Ordonné est un bien grand mot.
-Ce que femme veut, Dieu le veut… Au fait, vous êtes très jolie avec les cheveux en bataille.
-Vous vous moquez de moi, là?
-Pas du tout. Vous êtes ravissante Charline. Quoique vous portez, que vous soyez coiffée ou pas, vous êtes belle.
-Vous allez me faire rougir.
-Vous serez encore plus jolie, je crois.

Charline leva les yeux vers lui et voulut répondre et comprit qu’en cet instant, toute parole serait inutile. L’intensité du regard de Ricardo lui disait bien plus que les mots et elle pressentait que son regard en disait autant. Etait-cela tomber amoureux? Charline détourna les yeux car elle avait peur de la réponse.

À propos de Vanessa Dalzon

Je suis Vanessa Dalzon, journaliste ayant fait des études en Droit. Auteure.

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